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Atelier SFE/GDR PILSE: La recherche de vie/traces de vie dans le système solaire et au-delà: illusion ou réalité

Communauté

Contact : Vassilissa Vinogradoff

La quête de vie, passée ou présente, dans le système solaire et au-delà, est un des objectifs de la communauté, car la trouver pourrait nous donner des informations sur l’origine de la vie terrestre. Mais jusqu’à présent aucun signe de vie n’a été détecté et de nombreux questionnements autour de sa détectabilité demeurent que nous proposons de décortiquer dans cet atelier.

Description Détaillée

La recherche de vie extraterrestre est l’une des thématiques phare de l’Exobiologie et s’appuie sur les recherches développées en astrophysique sur les observations des exoplanètes, sur la formation du système solaire, et sur l’analyse de matière extraterrestre sur Terre. Jusqu’à présent aucun signe de vie n’a été détecté, et la recherche se concentre sur de possibles traces de vie passée, par exemple sur Mars, ou bien sur des signes d’activités potentielles. Mais quels indices moléculaires ou minéraux doivent être recherchés ? Quels moyens les missions spatiales ont à leur disposition pour pouvoir détecter ces biosignatures ? Du fait de la richesse organique dans les objets du système solaire et de sa diversité suivant les environnements extraterrestres étudiés, comment reconnaitre la réalité de la présence de ces indices de vie passée ou présente?

La biochimie des systèmes vivants terrestres est extrêmement complexe, mais met en avant différents éléments incontournables qui pourraient se retrouver dans des systèmes vivants extraterrestres. Il s’agit bien sur d’eau liquide et de matière organique de type CHNOPS. Cependant, il n’existe aucune corrélation entre une détection / observation d’eau et de matière organique dans le système solaire et la présence de vie dans l’environnement considéré, de même que sur le fait que ces éléments suffisent pour obtenir l’émergence de systèmes vivants.

La présence d’eau liquide passée sur Mars, ou active sur les satellites glacés de Jupiter et Saturne, n’est plus discutée. Il n’en est pas de même pour la matière organique. Bien que sa présence soit indéniable dans les corps primitifs du système solaire (météorites, fragments d’astéroïdes, comètes), sa recherche sur les surfaces planétaires est compliquée. Quels sont les moyens à notre disposition pour sa détection et caractérisation ? Les techniques analytiques pour la caractérisation de la matière organique sont essentielles pour déterminer sa nature et sa diversité moléculaire. Seulement, des développements sont encore nécessaires, que ce soit pour les instruments embarqués ou en laboratoire. Et comment différencier une matière organique d’origine abiotique de celle d’une origine biologique ? La distinction abiotique vs biologique est rendue difficile de par la diversité de molécules organiques potentiellement présentes dans de nombreux corps du système solaire, qu’elles soient d’origines endogène ou exogène. De nombreuses expérimentations démontrent les étonnantes diversités de signatures ou de morphologies possibles formées dans des systèmes abiotiques et ressemblant à des structures biologiques. La question de pose donc de savoir si les traces ou morphologies observées sont une réalité ou une illusion de la présence de systèmes biologiques. Qu’est-ce qu’une biosignature et quels sont les éléments qui pourraient aider à cette distinction ? Par exemple, la présence de structures homochirales pourraient-elles être considérées comme un marqueur univoque de système biochimique ?

L’atelier a pour objectif de rassembler les communautés de la SF2A, de la SFE, et du GDR PILSE autour de ces questionnements dans l’objectif d’apporter une réflexion sur les avancées technologiques, méthodologiques mais aussi idéologique à mettre en place dans ce contexte de recherche de traces de vie passée ou présente.

 

Organisateurs: Vassilissa Vinogradoff, Grégoire Danger (directeur du GDR PILSE), le CA de la SFE.